[234]: Ce fut alors que toutes ses missives à ses disciples et à ses frères, se terminèrent par cette formule, qu'aucune expression ne sauroit qualifier, dans aucune langue: écrasons l'infâme.

[235]: M. de Malesherbes; c'étoit un des protecteurs et des admirateurs les plus déclarés de J.-J. Rousseau. Il a depuis expié, par un acte sublime de dévouement, les graves erreurs de sa carrière administrative; et sa mort demande grâce pour sa vie.

[236]: Cette bulle, donnée en 1765, fut le dernier effort de ce vénérable et courageux pontife en faveur de la compagnie de Jésus. Ses sollicitations auprès de Louis XV n'ayant pu arrêter la catastrophe qu'il redoutoit, il pensa qu'un acte aussi solennel qu'une bulle du Saint-Siége feroit peut-être plus d'effet: celle-ci confirma de nouveau l'Institut, dont elle louoit la sainteté et l'utilité. Clément XIII ne la publia toutefois qu'après avoir écrit à tous les évêques pour leur demander leur avis. On assure que presque tous, dans leurs réponses, se prononcèrent pour la conservation de l'ordre. (Mém. pour servir à l'Histoire ecclésiastique du dix-huitième siècle, année 1765.)

[237]: Voyez la première partie de ce volume, p. 131.

[238]: Certes, l'Église de France, que nous voyons, pendant tout le cours de ce malheureux siècle, presque uniquement occupée de défendre les droits de la puissance spirituelle, sans cesse attaqués et si souvent envahis par l'autre puissance, étoit loin de désirer le rétablissement de cette déclaration fatale, à peu près tombée dans l'oubli depuis près d'un demi-siècle, et dont l'effet devoit être de légitimer tant de violences et d'usurpations. On peut même dire que ces combats qu'elle n'avoit cessé de soutenir contre les parlements, et ces représentations solennelles qu'elle avoit tant de fois adressées au souverain, étoient comme une continuelle protestation contre ce que l'on appeloit si dérisoirement les libertés gallicanes.

[239]: On a sans doute remarqué ces lois de silence qui se renouvellent si souvent, et qui semblent être la dernière ressource du pouvoir, au milieu de ces déplorables débats. Le despotisme n'en sait pas davantage: c'est aux intelligences qu'il en veut, parce qu'il n'y a que le mouvement des intelligences qui le contrarie dans sa marche stupide et orgueilleuse. Dans l'Orient, où tant de causes arrêtent le développement de la raison humaine, il peut régner paisiblement sur des populations abruties et stationnaires dans leur abrutissement: sa folie est de vouloir s'établir au milieu des nations chrétiennes, et même lorsqu'elles abusent le plus de la lumière du christianisme. C'est la région des intelligences: là il est donné au pouvoir, lorsqu'il est intelligent lui-même, de les diriger: les arrêter en une entreprise au dessus de ses forces; et c'est pour n'avoir pas compris cette grande vérité, pour ne pas la comprendre encore, que tout pouvoir chancelle ou périt au sein de la chrétienté.

[240]: Toutes ses lettres étoient ouvertes par un sieur Marin, censeur et secrétaire général de la librairie. Il s'en effraya d'abord, et se rassura bientôt, n'ayant point tardé à acquérir la conviction qu'on n'avoit aucun projet hostile contre lui.

[241]: Tant qu'elle vécut, Madame de Pompadour le protégea, et, après elle, le duc de Choiseul. Il étoit recherché, on pourroit même dire courtisé, par beaucoup de grands seigneurs; et l'on sait quel étoit le concours de personnages de toutes conditions, qui alloient visiter, dans sa retraite, le seigneur de Ferney.

[242]: Diderot, Helvétius, Turgot, Naigeon, Grimm, Saint-Lambert, Thomas, Saurin, etc., en étoient les principaux membres; elle comptoit encore un grand nombre d'affiliés étrangers, et entre autres, Hume, Gagliani, le marquis de Caraccioli, le comte de Creutz, le baron de Gleichen, Galli, etc.; Rousseau, d'Alembert et Buffon y avoient été attirés d'abord, et ne tardèrent point à s'en retirer.

[243]: Celle-ci se partageoit encore en plusieurs coteries qui, toutes, avoient certaines nuances d'opinions. Les plus célèbres étoient celle de mademoiselle Lespinasse, dans laquelle dominoit d'Alembert; celle de madame Necker, où se réunissoit surtout le troupeau philosophique, à la suite de Voltaire; et la société de Mme Doublet. On étoit plutôt parlementaire et janséniste, dans celle-ci, que philosophe; mais, dit Grimm, on n'y étoit pas chrétien, ce qui étoit la première condition de toutes les réunions de ce genre.