»3o Je ne suis point propriétaire, mais administrateur des domaines du Saint-Siége. Je ne puis céder ni vendre le comtat d'Avignon, ni le duché de Bénévent; tout ce que je ferois à cet égard seroit nul, et mes successeurs pourroient réclamer comme d'abus.

»Au reste, je céderai à la force, et ne repousserai pas par la force, quand je le pourrois: je ne veux pas répandre une goutte de sang pour des intérêts. Vous êtes, Sire, fils aîné de l'Église; je connois la droiture de votre cœur. Je travaillerai volontiers, seul à seul, avec Votre Majesté, tous les intérêts que nous avons à démêler. Je prie, tous les jours, pour votre prospérité, et je vous donne cordialement ma bénédiction apostolique.»

Cette lettre a été publiée dans un bulletin du 1er novembre 1769.

[229-A]: Le 21 juillet 1773.

[229-B]: Le bref d'excommunication publié contre lui par Clément XIII, et dont nous venons de parler.

[230]: Voyez les Mém. de l'abbé Georgel, t. I, p. 158.

[231]: Cette rétractation est datée du 29 juin 1774, jour de la fête de Saint-Pierre. Elle est écrite en latin, et se trouve rapportée en entier dans une histoire des Jésuites, écrite en allemand par Pierre-Philippe Wolff, imprimée à Zurick, en 1791; troisième partie, page 296 et suivantes. (Voyez les Mémoires de l'abbé Georgel, t. I, p. 159.)

Voilà un pape qui se rétracte: que devient donc l'infaillibilité du Saint-Siége, s'écrieront peut-être quelques esprits superficiels? Cette infaillibilité est dans la foi et non dans un fait personnel, à l'occasion duquel un pape, en sa qualité d'homme, peut se tromper et faillir tout comme un autre homme, et même autant que le plus foible des hommes. En détruisant les Jésuites, Clément XIV a-t-il sacrifié la doctrine du concile de Trente et la foi de tous les conciles, soutenues et défendues par cette société? a-t-il approuvé celles des Jansénistes et des Quesnélistes leurs ennemis? Pour s'être fait le complice de leurs passions et de leur animosité, s'est-il fait en même temps le docteur de leur hérésie et de leurs impiétés? Toute la question de l'infaillibilité est là dedans.

[232]: Marie-Thérèse ne se prêta qu'avec la plus grande répugnance à l'exécution du bref de destruction des Jésuites; et pour l'y déterminer, il fallut que Clément XIV lui fit un cas de conscience de sa résistance au chef visible de l'Église. «L'Allemagne, la Pologne, le Piémont, Venise, Gênes, la Suisse, y procédèrent avec des ménagements, qui annonçoient l'estime et la considération qu'on y conservoit pour cette société. Dans tous ces États, les individus supprimés reçurent des pensions alimentaires; les évêques continuèrent de les employer dans le ministère; et plusieurs Jésuites, sous l'habit de prêtres séculiers, furent réservés pour l'enseignement et l'éducation de la jeunesse.» (Mém. de l'abbé Georgel, t. I, p. 156.)

[233]: Le roi de Prusse et l'impératrice de Russie. Frédéric leur laissa leurs maisons et leurs biens en Silésie; Catherine II, malgré toutes les sollicitations des souverains de la maison de Bourbon, s'obstina à les conserver dans la Russie Blanche, où ils avoient des établissements.