François Henri, prince de La Tour-et-Taxis, chanoine de Cologne, mort en 1700.
Guillaume Égon, cardinal de Furstenberg, etc., abbé de Saint-Germain, mort en 1704.
N....., comtesse de La Marck, morte en 1704, peu de temps après sa naissance.
César, cardinal d'Estrées, abbé de Saint-Germain, mort en 1714.
Dans la chapelle de la Vierge, Pierre de Montereau, architecte célèbre du treizième siècle, mort en 1266[302]. (Agnès, sa femme, étoit inhumée dans le même tombeau.)
Le P. Jean Mabillon, savant illustre, mort en 1707, etc.
Les historiens de Paris parlent encore de plusieurs tombeaux découverts dans les fouilles faites, à différentes époques, dans cette église, et dont quelques uns contenoient des squelettes enveloppés dans des étoffes précieuses, des restes de bottines, de baudriers et d'autres attributs, qui indiquoient des personnes du rang le plus illustre, et la plupart inhumées sous la seconde race.
Les bâtiments de ce monastère éprouvèrent successivement des changements et des augmentations considérables jusque dans le dix-huitième siècle. Vers 1585, le cardinal de Bourbon commença la construction du palais abbatial qui existe encore aujourd'hui, et les religieux relevèrent les murailles qui entouroient les fossés, du côté des rues Saint-Benoît et du Colombier. En 1684, ils firent élever le bâtiment qui régnoit le long du parvis, en face de leur jardin, et dans lequel étoient établis les bureaux de leurs officiers. Depuis 1699 jusqu'en 1715, on ouvrit plusieurs rues dans l'enclos abbatial, où se logèrent aussitôt un grand nombre d'artisans, dans l'intention de jouir du droit de franchise qui y étoit attaché. En 1715, on bâtit une nouvelle sacristie auprès de l'ancienne; enfin dans ce même siècle on reconstruisit, sous la direction du père de Creil, une partie du cloître et deux grands corps de logis qui renfermoient un vestibule et de grandes salles basses. Tous ces bâtiments, de vastes cours, plusieurs jardins, et une foule d'autres dépendances, étoient renfermés dans un espace circonscrit par les rues du Colombier, Saint-Benoît, Sainte-Marguerite, et de l'Échaudé.
BIBLIOTHÈQUE.
La bibliothèque de ce monastère, la plus belle et la plus nombreuse de Paris, après celle du roi, avoit été commencée par le père Dubreul; et dès-lors composée d'excellents livres, depuis sans cesse augmentée par les bibliothécaires qui lui succédèrent, elle reçut ses accroissements les plus considérables, d'abord en 1685, que Noël Vallant, médecin de mademoiselle de Guise, lui donna tous ses livres par testament. En 1700, Michel Antoine Baudran, prieur de Rouvres et de Neumarché, l'enrichit encore de sa bibliothèque. Elle eut en 1718 celle de l'abbé Jean d'Estrées; en 1720 les livres de l'abbé Renaudot; en 1732 la bibliothèque des manuscrits du chancelier Séguier; en 1744 et en 1762 les livres et manuscrits du cardinal de Gèvres, archevêque de Bourges, et de M. de Harlay, conseiller d'état. Cette précieuse collection contenoit environ cent mille volumes imprimés, parmi lesquels on comptoit un grand nombre d'éditions rares et anciennes; quinze à vingt mille manuscrits dans toutes les langues, dont plusieurs très précieux et très rares, surtout un psautier latin en lettres onciales, et deux ou trois bibles de la plus haute antiquité. On y voyoit le manuscrit des Pensées de Pascal, sur de petits papiers écrits de sa main et réunis dans un volume in-folio.