CABINET D'ANTIQUITÉS ET D'HISTOIRE NATURELLE.
Ce cabinet, formé vers la fin du dix-septième siècle contenoit une assez grande quantité d'antiquités égyptiennes, grecques, romaines, gauloises, chinoises, indiennes, des vases étrusques, des médailles, des pierres gravées, etc., et quelques objets d'histoire naturelle.
L'abbaye de Saint-Germain possédoit en outre un immense chartier, dans lequel étoient réunis un nombre considérable de titres et pièces très précieuses concernant l'abbaye elle-même, le faubourg Saint-Germain, la ville de Paris, et qui ont fort aidé à en débrouiller les antiquités.
BAILLIAGE DE L'ABBAYE.
Les abbés de Saint-Germain-des-Prés avoient autrefois toute juridiction, tant spirituelle que temporelle, sur le faubourg Saint-Germain. Ce n'est qu'en 1668 que M. de Péréfixe prétendit soumettre ce faubourg à la juridiction de l'ordinaire, comme tout le reste de la ville de Paris. Cette prétention, devenue la matière d'un procès, fut terminée par une transaction, dans laquelle il fut convenu que les droits de l'abbé seroient restreints à l'enclos de son monastère, mais sous la condition que le prieur de l'abbaye seroit vicaire général né et perpétuel de l'archevêque.
Les audiences de ce bailliage se tenoient en conséquence dans l'enclos. Le bailli portoit le titre de juge civil, criminel et de police, et remplissoit toutes ces attributions. Les appels se relevoient au châtelet.
PRISON DE L'ABBAYE.
Cette prison, située rue Sainte-Marguerite au fond du petit marché, étoit particulièrement affectée aux Gardes Françoises et autres militaires. Il y avoit une chapelle desservie par un prêtre de Saint-Sulpice[303].
LE SÉMINAIRE
DES MISSIONS ÉTRANGÈRES.
Le désir de voir la lumière de l'Évangile pénétrer dans les contrées encore plongées dans les ténèbres des fausses religions donna naissance à cet établissement. Ce fut M. Bernard de Sainte Thérèse, évêque de Babylone, qui en conçut le dessein; et en formant une société de Missionnaires qu'il destinoit à parcourir les pays étrangers, son intention étoit surtout qu'ils fissent de la Perse le théâtre de leurs travaux apostoliques. Il y consacra tous ses biens, ainsi que le prouve le contrat de donation passé le 16 mars 1663. Une des conditions portées dans cet acte fut que la maison qu'on alloit bâtir seroit appelée le Séminaire des Missions Étrangères, et qu'on en dédieroit la chapelle sous l'invocation de la sainte Famille. Les bâtiments furent élevés immédiatement après, sur un terrain appartenant à cet évêque, et situé au coin des rues du Bac et de la Fresnaie, dite depuis de Babylone. Des lettres-patentes du mois de juillet de la même année 1663 confirmèrent cette fondation; l'abbé de Saint-Germain ayant donné son consentement le 10 octobre suivant, les sieurs Poitevin et Gasil, au profit desquels la donation avoit été faite, y entrèrent le 27 du même mois. Une salle de cette maison leur servit d'abord de chapelle, et continua d'en servir jusqu'en 1683, époque à laquelle on en bâtit une plus régulière, dont la première pierre fut posée, au nom du roi, par M. François de Harlai, archevêque de Paris. Cette chapelle, qui est double, n'a rien de remarquable dans son architecture.