C'est ainsi qu'on appeloit, et qu'on appelle encore aujourd'hui, une immense esplanade, entourée d'un fossé revêtu de pierres, qui, du côté de la rivière, sert d'avenue à l'École royale militaire et fait partie de la plaine de Grenelle; quatre rangées d'arbres plantés sur les côtés, tant en dedans qu'en dehors des fossés, y forment de longues et belles allées. Cinq grilles de fer en ouvrent les entrées. Ce champ, destiné aux évolutions des élèves de cette école, servoit également aux exercices du régiment des Gardes-Françoises: il peut contenir dix mille hommes rangés en bataille[348].

HÔPITAL DES GARDES-FRANÇOISES.

Cet hôpital, vaste, commode et situé en bon air, fut établi en 1765 au Gros-Caillou, sous les ordres et par les soins de M. le maréchal duc de Biron, colonel des Gardes-Françoises. Il étoit spécialement et exclusivement destiné aux soldats de ce régiment.

Dans la chapelle, un tableau représentant saint Louis en adoration; par du Rameau.

CHÂTEAU DE GRENELLE.

En sortant de l'École militaire par la première grille à gauche du Champ-de-Mars, on trouvoit le château de Grenelle, situé dans la plaine du même nom. Ce château, qui n'offroit rien de remarquable que sa position, avoit haute et basse justice, relevant de l'abbaye de Sainte-Geneviève. Il dépendoit, ainsi que les maisons qui l'entouroient, de la paroisse Saint-Étienne du Mont[349].

HÔTELS.
ANCIENS HÔTELS DÉTRUITS.

HÔTEL DE NESLE, NEVERS, GUÉNÉGAUD ET CONTI (quai de Conti).

Cet hôtel, l'un des plus vastes et des plus magnifiques parmi ceux qui faisoient l'ornement de l'ancien Paris, occupoit une grande étendue de terrain: les rues de Nevers, d'Anjou et Guénégaud, ont été, en partie, percées et bâties sur son emplacement. Il se prolongeoit le long de la rivière, jusqu'à la porte et à la tour nommées Philippe-Hamelin, dites depuis de Nesle, et à la place desquelles on a bâti le pavillon gauche du collége Mazarin. En 1308, Amauri de Nesle le vendit 5000 liv. à Philippe-le-Bel; Charles V le donna au duc de Berri, son oncle, en 1380. Charles VI, qui confirma ce don en 1385, y joignit deux tuileries et deux arpents et demi de terre, pour agrandir le séjour de Nesle, maison de plaisance qui étoit séparée de l'hôtel par le fossé de l'enceinte de Philippe-Auguste[350]. On trouve ensuite qu'en 1446, Charles VII donna cet hôtel à François, duc de Bretagne, son neveu. Il passa ensuite en 1461 au comte de Charolois[351].

Henri II ayant ordonné, par un édit de 1552, que le pourpris, maison et place du grand Nesle, seroient vendus et délivrés par lots, portions et places aux plus offrants et derniers enchérisseurs, le duc et la duchesse de Nivernois en firent l'acquisition en 1580, et obtinrent de l'abbé de Saint-Germain qu'il fût érigé en fief, sous la condition de foi et hommage, et d'une redevance annuelle de 50 sols parisis. Jaillot dit avoir lu l'acte de foi et hommage rendu par le duc de Nevers le 3 août 1618, «pour l'hôtel de Nevers anciennement appelé hôtel de Nesle[352]