Quam puteus non dat sanctæ tam proximus ædi,
A Christo vivam poscere monstrat aquam.
Fontaine de la Charité. Cette fontaine, située dans la rue Taranne, à peu de distance de l'église de la Charité, fournit de l'eau d'Arcueil, et offroit l'inscription suivante, composée par Santeuil:
Quem pietas aperit miserorum in commoda fontem,
Instar aquæ, largas fundere monstrat opes.
Fontaine de Grenelle. Cette fontaine, construite aux frais de la ville, et achevée en 1739, sous la prévôté de M. Turgot, est un monument remarquable par sa masse et par la richesse de sa décoration. Elle s'élève sur un plan demi-circulaire de quinze toises de largeur sur six de hauteur, et présente une ordonnance de pilastres, de niches, de croisées feintes, avec un entablement surmonté d'un acrotère. L'avant-corps, qui occupe le milieu de la façade, se compose de quatre colonnes ioniques, accouplées deux à deux et couronnées d'un fronton. Ce morceau d'architecture fut élevé sur les dessins et sous la conduite d'Edme Bouchardon, le meilleur sculpteur de son temps, qui lui-même exécuta toutes les figures, tous les bas-reliefs, et même quelques-uns des ornements dont il est décoré.
Sur un socle de glaçons que soutient l'avant-corps, sont trois statues. On reconnoît d'abord la ville de Paris dans celle qui s'élève au milieu: couronnée de tours et assise sur la proue d'un vaisseau. Les deux autres, couchées au milieu, des roseaux, et appuyées sur des urnes, représentent la Seine et la Marne. Ces trois figures sont en marbre blanc. Dans les niches pratiquées sur les ailes, sont placées les quatre Saisons en pierre de Tonnerre; chacune est accompagnée d'un bas-relief indiquant ses divers attributs. Les armes de la ville s'élèvent au milieu de ces quatre niches; et deux mascarons fixés sur la partie avancée du soubassement donnent de l'eau de la Seine.
Si l'on considère en elle-même toute cette sculpture, elle est d'un style bien mesquin et d'une bien médiocre exécution; le monument n'offre pas non plus un grand caractère d'architecture; mais ces figures sont des chefs-d'œuvre, comparées aux productions ignobles de la plupart des sculpteurs d'alors; et si l'on compare également l'édifice aux constructions bisarres qui se faisoient à la même époque, on y trouvera une certaine pureté de lignes et d'ensemble, qui devoit sembler extraordinaire à la plupart des architectes du siècle de Louis XV. Il n'en est pas moins vrai que, dépouillé de sa sculpture, ce monument n'offriroit qu'un bien médiocre intérêt: des portes, des croisées lui donnent l'aspect d'une habitation particulière; le soubassement, trop élevé pour l'ordonnance, la fait paroître grêle; et la décoration générale n'indique pas plus une fontaine que tout autre édifice. Ces deux maigres filets d'eau qui sortent par les deux mascarons contribuent encore à détruire, sous ce rapport, toute espèce d'illusion[370].
Sur une table de marbre noir on lit l'inscription suivante:
Dum Ludovicus XV, populi amor et parens optimus, publicæ tranquillitatis assertor, gallici imperii finibus innocuè propagatis, pace Germanos Russosque inter et Ottomanos feliciter conciliatâ, gloriosè simul et pacificè regnabat, fontem hunc civium utilitati urbisque ornamento consecrârunt præfectus et ædiles, anno Domini M. D. CC. XXXIX.
Une autre inscription offre les noms des officiers municipaux alors en exercice.
Fontaines des Incurables. C'est un simple tuyau qui sort de cet hôpital, et qui fournit de l'eau d'Arcueil.