Quai de Conti. Il commence au bout du pont Neuf, et finit au pavillon du collége Mazarin, près de la rue de Seine. Au dix-septième siècle on l'appeloit quai Guénégaud, à cause de l'hôtel que M. de Guénégaud, secrétaire d'état y avoit fait construire: auparavant on le nommoit quai de Nesle, parce que l'hôtel de Nesle y étoit situé.

Quai Malaquais. Il fait la continuation du quai de Conti depuis la rue de Seine jusqu'à celle des Saints-Pères. Tous les titres de l'abbaye portent que l'espace qu'il occupe se nommoit le port Malaquest; et l'on trouve que l'endroit où étoit établi le bac, remplacé depuis quelques années par le pont des Arts, s'appeloit en 1530 le Heurt du port aux Passeurs. Jaillot dit avoir vu qu'en 1641 il étoit désigné sous le nom de quai de la Reine Marguerite.

Quai des Théatins. Ce quai doit son nom aux religieux qui s'y sont établis; et, commençant à la rue des Saints-Pères, vient finir à la rue du Bac. Nous avons souvent parlé du grand Pré-aux-Clercs sur lequel il a été construit. (Il se nomme maintenant quai de Voltaire.)

Quai d'Orsai. Avant l'établissement des Théatins, tout l'espace qui s'étend jusqu'à la rue du Bac faisoit la continuation du quai Malaquais et en portoit le nom. Les bâtiments qui s'élevèrent successivement le long de la rivière et au delà du pont Royal, commencèrent à former un autre quai, qui devoit se prolonger jusqu'à l'avenue des Invalides. Cet espace auquel sa situation marécageuse avoit fait donner le nom de la Grenouillère, qu'il portoit encore à la fin du siècle dernier, offroit un point de vue très désagréable au jardin des Tuileries situé vis-à-vis. M. Boucher d'Orsai, prévôt des marchands, fut autorisé, par arrêt du conseil du 18 octobre 1704, «à faire continuer le quai de la Grenouillère, de ligne droite de dix toises de largeur, dans toute son étendue depuis le pont Royal et l'encoignure de la rue du Bac jusqu'à la rencontre du boulevart, etc.» Des obstacles suspendirent l'exécution de ce projet qu'un second arrêt fit revivre en 1707. On y fixoit la largeur du trottoir à huit pieds, et la longueur du quai à quatre cents toises ou environ; et le roi y déclaroit que le quai seroit nommé quai d'Orsai. En conséquence, M. d'Orsai, accompagné du corps de ville, en posa la première pierre le 3 juillet 1708. Toutefois, malgré ces deux arrêts, l'ouvrage demeura imparfait jusqu'au commencement de la révolution[395].

RUES DU GROS-CAILLOU.

Le Gros-Caillou est coupé dans sa longueur par les rues Saint-Dominique, de l'Université et de Grenelle; et dans sa largeur par quatre autres rues:

Rue de la Boucherie. Elle est ainsi nommée, parce qu'elle conduit à la boucherie des Invalides[396].

Rue Neuve-de-l'Église. Elle a été percée vis-à-vis de l'église à laquelle elle conduit.

Rue Saint-Jean ou des Cygnes. Elle avoit été ouverte devant le pont qui servoit de communication avec l'île des Cygnes[397].

Rue de la Vierge. Elle est voisine de la chapelle qui porte ce nom[398].