Delille en célébrant le courage héroïque déployé par les femmes pendant l'effroyable régime de la terreur, s'est plu à décerner un poétique hommage aux admirables jeunes filles dont nous venons de parler; voici quelques-uns des beaux vers qu'il a consacrés à leur mémoire.

O vierges de Verdun! jeunes et tendres fleurs,

Qui ne sait votre sort, qui n'a plaint vos malheurs?

Hélas! lorsque l'hymen préparait sa couronne,

Comme l'herbe des champs, le trépas vous moissonne;

Même heure, même lieu vous virent immoler.

Ah! des yeux maternels quels pleurs durent couler!

Mais vos noms sans vengeur, ne seront pas sans gloire;

Non: si ces vers touchans vivent dans la mémoire,

Ils diront vos vertus. C'est peu: je veux un jour