R. Je l'ai tâté un peu avec mon couteau, et je l'ai percé.....

D. Qu'avez-vous fait des débris du cadavre?

R. Je les ai cachés hors de la grotte, sous de la fougère et toutes sortes de choses. Il y avait des oiseaux qui croassaient après moi.

D. Quels oiseaux?

R. Des pies, que je croyais être là pour me faire prendre..... parce qu'elles croassaient contre moi.

D. Vous étiez donc agité par la crainte? vous sentiez donc que vous aviez mal fait?

R. Oui; quand j'ai repris connaissance, je suis allé me cacher dans des roches, plus bas: j'y ai passé une partie de la nuit sans pouvoir dormir. Le lendemain, je me suis en allé à travers les champs, par-dessus les montagnes; je me suis lavé la figure sur les roches où il y avait de l'eau, et j'ai lavé aussi ma chemise; j'ai coupé le col et le bout des manches où il y avait encore du sang à même. J'ai rencontré un garde et j'ai pris la fuite. Quand je voyais quelqu'un d'un côté, je m'en allais de l'autre. Le garde m'a dit: Halte-là, de par le roi! Je me suis arrêté tout court.

D. Vous avez dit: Ce n'est pas vous qui m'emmèneriez. Le garde a répondu: Je t'emmènerai mort ou vif. Il a donné un coup de sifflet, des passans sont accourus et vous ont arrêté comme vagabond, car on ne soupçonnait pas alors l'assassinat de la jeune Debully. Vous avez prétendu que vous aviez été condamné à vingt années de fer, et que vous vous étiez évadé?

R. C'est possible.

D. Vous êtes-vous coupé les cheveux, à la roche de la Charbonnière?