R. Jamais à personne.
D. Pourquoi ne donniez-vous pas de soins à votre enfant?
R. Parce que je filais.
D. Dites-nous le motif qui vous porta, quinze jours après la mort de votre mari, à fouler et déchirer vos coiffes de noce?
R. Parce que je n'avais pas été heureuse.
D. Votre mari était donc méchant envers vous?
R. (Silence.)
D. Votre mari n'était-il pas aimé de tous ses voisins?
R. (Même silence.)
L'audition des témoins ne fit qu'apporter une nouvelle confirmation des faits et des propos déjà connus du lecteur. Le gendarme Quentin, appelé comme témoin, déclara avoir dit à l'accusée qui pleurait: Attendez; il faut des preuves pour vous condamner. A quoi la femme Daigremont répondit: Ah! s'il faut des preuves, qu'ils courent après. Elle avait demandé aussi plusieurs fois à ce même gendarme si on avait trouvé de l'arsénic dans l'estomac du cadavre, et sur l'affirmative, elle s'était écriée en pleurant: Ah! mon Dieu! il me feront donc mourir!