Se trouvant en villégiature à la campagne chez un de ses amis, M. Pérès fit au bout de quelques jours la connaissance d'un jeune étudiant, admirateur des ouvrages de M. Dupuis, qui s'en était fait un partisan des plus convaincus.

Un jour la conversation roula justement sur l'Origine des cultes, notre jeune homme, tout feu tout flamme pour cet ouvrage, ne voulut rien admettre qui fût contraire à ses idées. Après une forte discussion, M. Pérès voulut convaincre le jeune fervent, lui prouver la fausseté, et par conséquent l'inutilité des systèmes de M. Dupuis. Rien n'ébranla la conviction de son partenaire. C'est alors que l'idée lui vint, qu'en utilisant les mêmes principes admis par M. Dupuis, c'est-à-dire en ne se servant que de rapprochements astronomiques et mythologiques qui sont ses moyens de prédilection, il pourrait prouver que «Napoléon n'a jamais existé».

C'était hardi au plus haut point et plutôt risible.

Autant chercher à démontrer que le soleil n'a jamais existé.

Néanmoins, le jeune homme accepta, et c'est de la sorte que M. Pérès, qui avait jeté ce défi si vivement, se mit à l'œuvre pour composer cet écrit, qu'il eut le plaisir de lire lui-même à son jeune adversaire quelques jours après.

Cet opuscule eut les éditions suivantes:

—Comme quoi Napoléon n'a jamais existé, grand erratum, source d'un nombre infini d'errata à noter dans l'histoire du XIXe siècle. Paris, 1827.

La 1re édition est anonyme.

—Comme quoi Napoléon n'a jamais existé, ou grand erratum, source d'un nombre infini d'errata à noter dans l'histoire du XIXe siècle, par feu M. J.-B. Pérès, A. O. A. M. Bibliothécaire de la ville d'Agen. 5e édition, in-16 de 32 pages. L. R. Delay, 1842.

Contient une observation de l'éditeur.