Si le «pygmée en volume a renversé le géant» c'est simplement que toute idée fausse, si elle peut entraîner quelques admirateurs, ne dure pas longtemps.

Il se trouve toujours des hommes assez énergiques pour terrasser le mal et répandre la clarté parmi de pauvres égarés, qui s'enfoncent d'autant plus dans les ténèbres, qu'ils ne veulent pas démordre de leurs bêtises. Si nos anciens croyaient aux astres, c'est qu'ils en avaient peur; ignorant ce qui se passait là-haut, le ciel était pour eux un dieu surnaturel.

Mais heureusement nous avons appris, et nous n'avons plus peur.

Celui qui a si justement prédit que «ce petit livre ne sera pas un écrit éphémère» ne croyait sûrement pas à ces erreurs; et ma foi je crois qu'il vaut encore mieux ne pas y croire et avoir notre «Napoléon».


Pour pouvoir expliquer la raison qui fit faire le travail qui précède à M. Pérès J.-B., oratorien, professeur de mathématiques et de physique à Lyon, qui devint ensuite substitut du procureur général près la cour royale d'Agen, bibliothécaire de cette ville, et qui mourut à Agen en 1840; il faut auparavant faire la connaissance de son adversaire Monsieur Dupuis.

Monsieur Dupuis Charles François, érudit et philosophe, naquit à Trie-Château, près Chaumont, dans l'Oise, le 16 octobre 1742 et mourut à Is-sur-Tille (Côte-d'Or) le 29 septembre 1809.

Issu d'une famille plutôt pauvre, qui plus tard alla s'établir à la Roche-Guyon, il rentra sous la protection du duc de Larochefoucault au collège d'Harcourt. A vingt-quatre ans, le jeune Dupuis était professeur de rhétorique au collège de Lisieux.

Il parvint à force de travail continu à se faire recevoir avocat, et, dans ses moments perdus, se livra avec acharnement à l'étude des mathématiques et surtout de l'antiquité.

En 1775, ce fut à M. Dupuis que l'on confia le soin de composer le discours latin qui devait être prononcé à la distribution des prix de l'Université. Ce discours fut fort applaudi, et quelques années plus tard, M. Dupuis obtint un nouveau succès lorsqu'il prononça, au nom de l'Université, l'oraison funèbre de Marie-Thérèse.