Cétait un homme de six pieds, gros à proportion de sa taille, coiffé dune cape ronde de chasse, ayant pistolets à la ceinture, carabine en bandoulière, revolver suspendu à la boutonnière, sabre à la main. Son visage, allongé démesurément par une barbe pointue descendant sur sa poitrine comme un fer de lance, son visage, disons-nous, était illuminé par deux yeux dun bleu clair fulgurant; un nez prodigieux en bec dépervier, des sourcils noirs, de longs cheveux roux, un teint bronzé, composaient à cet être extraordinaire le physique le plus étrange quon puisse rêver.
Quel type pour Halleck!… sil eut eu le coeur à dessiner!
Le nouveau venu entama, la conversation avec une mémorable loquacité:
— Avez-vous quelque notion dun lot de Diables peints qui doivent rôder par ici? Ah! ah! Ils ont laissé dans ce lieu lempreinte de leurs satanées griffes! Hello! ouf! ils ont fait du bel ouvrage! Ah! je vois que vous avez fait un prisonnier! Vous le savez, la consigne est de ne faire aucun quartier à cette vermine; vous allez voir.
Will neut que le temps de relever le revolver auquel lofficier avait expéditivement recours. La balle siffla sur la tête de Jim qui navait pas daigné faire un mouvement.
— Eh bien! quy a-t-il donc, jeune cadet? demanda lautre avec un air surpris; pas de sensiblerie, jeune homme! pas de sensiblerie! cest mal porté!… vous allez voir.
Il coucha de nouveau lIndien en joue.
— Ne touchez pas à un seul cheveu de sa tête! sécria le jeune homme; cest notre meilleur ami!
— Tiens! tiens! tiens! Je ne dis pas le contraire. Enchanté de faire sa connaissance!… Vous avez parlé à temps, jeune homme; un quart de seconde plus tard, il naurait plus été temps de sauver sa peinture. Je my connais…. vous auriez vu! Quel est ce gaillard-là?
— Christian Jim, un Indien Sioux qui nous a rendu les meilleurs et les plus fidèles services dans ces temps de trouble.