Pendant ce temps, les Indiens avaient été foudroyés par une dernière décharge et le major Hachtincson avait pris le soin personnel de sassurer, le sabre à la main, que chacun deux était bien mort et ne jouait pas au cadavre.
Cette clairière était sinistre avec ses herbes ensanglantées, noircies par la poudre, écrasées par les corps inanimés mais toujours farouches des Sauvages.
Dans un coin reculé, la famille Brainerd pleurait et priait autour de celle qui avait été Maggie.
Au milieu du champ de bataille, le major vainqueur essuyait lentement son épée, lorsque son regard se portait vers ce dernier groupe, ses sourcils se fronçaient, ses yeux clairs lançaient des flammes.
— Pauvre douce enfant! Grommelait-il; ah! canailles! ah! gredins! ah! race infernale! on nen tuera jamais assez!
Jim, immobile sur la lisière du bois, regardait tout cela dun air impassible; on aurait dit une statue de bronze…
On se serait trompé en le croyant insensible, lorsque ses yeux rencontraient la pâle image de Maggie, une lueur humide tremblait dans ses prunelles… Jim pleurait, lui aussi!
ÉPILOGUE
Trois jours après les événements quon vient de retracer, la petite caravane arrivait en vue du territoire de Saint-Paul.
Le major Hachtincson, qui avait escorté jusque-là la famille Brainerd, pour la protéger contre de nouveaux malheurs, fit faire halte à sa troupe et se prépara à prendre congé de ses nouveaux amis.