— Volontiers, mon jeune ami: de quoi sagit-il?
Halleck tira de sa poche une petite croix sculptée quil avait façonnée en route
— Lorsque vous passerez près de lendroit… vous savez?… Je vous prie de placer cette petite croix dans une incision que porte le Sumac penché sur sa tombe.
— Oui… je vous le jure! répondit le major en lui serrant énergiquement la main.
— Ensuite, reprit Halleck dune voix à peine intelligible, vous vous agenouillerez, vous ferez une prière, et vous lui direz, de ma part, «au revoir». Merci! Adieu, ajouta-t-il en senfuyant brusquement pour cacher un flot de larmes qui venait de monter à ses paupières.
Le major continua sa route machinalement; au bout de quelques secondes, il porta vivement un doigt à son oeil.
— Diable dhomme! murmura-t-il, quavait-il besoin de venir me tracasser ainsi?… voilà-t-il pas que jai le coin dune paupière humide!… Allons, enfants! un temps de galop! commanda- t-il à ses hommes. Il faut un peu de mouvement pour me distraire, reprit-il en monologue; comme çà, aussi, sa commission sera plus tôt exécutée.
Bientôt la solitude reprit son silencieux empire; les Brainerd avaient disparu dans la direction du Nord, les cavaliers dans celle du Midi; toute trace humaine sétait évanouie au milieu du désert.
Une semaine après larrivée des pauvres fugitifs dans la ville de Saint-Paul, M. Brainerd reçut une lettre portant la suscription suivante:
À mistress Brainerd, pour remettre è miss Maria Allondale.