La bonne dame se hâta de la présenter à Maria, qui, à peine remise de tant de secousses, était encore au lit.

— Oh mon Dieu! sécria la jeune fille en regardant ladresse, quy a-t-il encore? Il me semble que voilà lécriture dAdolphe Halleck.

Et, brisant le cachet dune main tremblante, elle lut:

«Chère Maria, quand ces lignes seront sous vos yeux, je serai loin de vous, loin de toute ma chère famille, à laquelle je dis un adieu suprême.

«Nous avions vécu pendant plusieurs années, amis et fiancés, dans la pensée souriante quun jour nous serions mariés ensemble.

«Mais, une catastrophe irréparable, qui a soudainement détruit tout mon bonheur et mes espérances, ma ouvert les yeux et ma appris que nous ne devons, pas…. que je ne dois pas vivre désormais de la vie de ce monde.

«Soyez libre, Maria, je me suis aperçu que votre coeur éprouve une affection plus particulière pour notre cher cousin Will… soyez libre… et heureuse avec lui; je vous dégage de toute promesse envers moi.

«De notre ancienne amitié; il restera entre nous une affection sincère et profonde qui nous, unira dans nos souvenirs, dans nos prières, dans nos espérances…

«Je ne vous demande plus quune seule chose, cest dadresser au ciel des voeux pour que ma voix, qui va prêcher dans le désert, trouve un écho dans lâme des malheureux Sauvages; pour que le Seigneur fertilise en eux la bonne parole que je leur porterai jusquau sein de la solitude, pour quaprès avoir muré la voie du ciel aux autres, je parvienne à la suivre moi-même jusquà la fin.

«Adieu! à revoir dans la Patrie céleste.