— Voyons! ne me parlez plus de ça! je nen toucherais pas une miette, pour un million de dollars.

— Finalement, vous êtes content de votre souper?

— Quelle question! cest un festin digne de Lucullus.

— Mon mignon! tu nas pas mangé autre chose que des tranches dours noir !

— Ah-oo-ah! rugit lartiste en se levant avec furie, et prenant la fuite au milieu de lhilarité générale.

CHAPITRE III UNE VISITE.

La nuit — une belle nuit du mois daoût — était splendide, calme, sereine, illuminée par une lune éclatante et pure; latmosphère était transparente et dune douceur veloutée; il faisait bon vivre!

Après le souper, Maggie sétait mise au piano et avait joué quelques morceaux, sur linstante requête de lartiste; chacun sétait assis au hasard sous limmense portique dont lampleur occupait la moitié de la maison.

Halleck et le jeune Will fumaient leurs havanes avec béatitude; loncle John avait préféré une énorme pipe en racine dérable, dont la noirceur et le culottage étaient parfaits.

Halleck était à une des extrémités du portail; après lui étaient
Maria et Maggie; plus loin se trouvait Will; venaient ensuite
M. et mistress Brainerd.