— Il a quelque chose dans lesprit, observa Maria; car ordinairement il est plus causeur que cela, pendant le premier quart dheure de sa visite.
— Peut-être est-il gêné par notre présence inaccoutumée?
— Non; il lui suffît de vous voir ici pour savoir que vous êtes des amis.
— On ne peut connaître tous les caprices dun Indien; je suppose quà linstar de ses congénères il a aussi des fantaisies et des excentricités.
La soirée était fort avancée, M. Brainerd insinua tout doucement quil était lheure pour les jeunes personnes, de se retirer dans leur chambre; alors loncle John se leva, invita tout le monde à rentrer dans la maison. La lampe demi-éteinte fut rallumée; la famille sinstalla confortablement sur des fauteuils moelleux qui garnissaient!e salon.
À ce moment, tous les visages devinrent sérieux, car on se disposait à réciter les prières du soir; M. Brainerd, lui-même, déposa momentanément son air rieur pour se recueillir; avec gravité, il prit la Bible, louvrit, mais avant de commencer la lecture, il promena un regard inquisiteur autour de lui.
— Où est Jim? demanda-t-il.
— Il est encore sous le portique, répondit Will; irai-je le chercher?
— Certainement! on a oublié de lappeler.
Le jeune homme courut vers le Sioux et linvita à entrer pour la prière.