— Venez avec nous; lui fût-il brièvement répondu.
Et on lemmena dans la direction de lincendie.
Lun des deux sauvages navait rien dit, navait fait aucune démonstration. Il se contenta de prendre position à gauche du prisonnier, qui, ainsi se trouvait gardé à vue de tous côtés. Tout en chevauchant, lartiste chercha à distinguer les visages de ses vainqueurs, un frisson singulier courut dans ses veines lorsquil crut reconnaître, dans lun des deux, lindien Paul qui lui avait précédemment rendu un bon office.
Plusieurs fois il fut sur le point de lui adresser la parole; instinctivement il se contint, et la route seffectua en silence.
Tout cela nétait point sans mystère. Lartiste sen préoccupait fort, lorsque lun de ses deux gardiens resta de quelques pas en arrière; lautre avec un mouvement de surprise, en fit autant. Craignant quelque sinistre projet contre sa personne, Halleck se retourna pour épier leurs mouvements.
Il aperçut les deux sauvages marchant côte à côte, puis léclair soudain dun couteau: lun deux tomba mort et glissa lourdement à bas de son cheval.
— Restez là, vous, dit aussitôt le secourable Paul; lautre jeune Blanc va venir — Les Indiens galopent contre les femmes — courez après. — Il y aura des scalps.
Et lIndien disparut plus prompt quun souffle dorage, laissant
Adolphe tout palpitant démotion.
Son audace nonchalante commençait à labandonner, et il se surprenait à rouler dans sa tête de sombres pressentiments, surtout depuis que limmense danger couru par ses amis venait de lui être si soudainement révélé. Il désirait maintenant, avec angoisse, courir vers le chariot fugitif, et, par conséquent, attendait Brainerd avec une impatience extrême.
Bientôt le trot dun cheval retentit à proximité, Halleck se tint prêt à recevoir le nouvel arrivant de pied ferme, quil fût ami ou ennemi. Heureusement toute précaution était inutile; au bout de quelques instants Brainerd apparut et reçut avec une émotion facile à comprendre la communication des événements survenus pendant son absence.