— Mais, pourquoi ne descendiez-vous pas de la colline, au lieu dy rester occupé à manoeuvrer comme un télégraphe incompréhensible? demanda Halleck.

— Quand Christian Jim vous a vus, il a aperçu en même temps, une bande dIndiens à cheval qui cheminait à très peu de distance. Pour ne pas être découvert par eux, il est resté caché derrière un arbre, tout en vous faisant des signaux capables dattirer votre attention.

— Eh bien! nous lavons échappé belle! murmura Will en pâlissant. Cest une chose terrible! Un voyage ainsi côte à côte avec la mort, sans même le soupçonner! Et ces indiens, que sont- ils devenus?

Jim, au lieu de répondre, incline son oreille presque jusquà terre, et écouta pendant quelques instants avec une anxiété profonde.

— Ils partent au grand galop; entendez! fit-il en se relevant.

Les jeunes gens prêtèrent loreille; un bruit semblable à un tonnerre lointain parvint jusquà eux, accompagné dune clameur sauvage.

— Oui, répondit Brainerd, cest le galop de leurs chevaux; ils séloignent.

— Puissent-ils aller jusquen enfer et ne jamais revenir! soupira sentencieusement Halleck.

Personne ne répondit, la marche continua silencieusement dans la direction de louest. La journée était lourde et brûlante, comme il arrive souvent au mois daoût; par cette suffocante atmosphère, hommes et chevaux étaient accablés; cependant les jeunes gens, dans leur hâte darriver, auraient surmené leurs montures si Christian Jim ne les eût retenus.

— La route est longue, dit-il, les chevaux tomberont.