À ce moment Will mit pied à terre.
— Quallez-vous faire, Will?
— Ils doivent être encore dans le bois; je vais me mettre à leur recherche.
En agissant ainsi, Brainerd pensait bien quil faisait une chose inutile; mais cette agitation même tempérait son désespoir.
Tous deux sélancèrent vers le fourré avec une égale ardeur.
Jim les regardait faire avec son stoïcisme habituel, et resta immobile.
— Il ne nous faut pas marcher ensemble, observa lartiste; divisons nos recherches; vous, Will, passez à gauche, moi à droite; dans une demi-heure, au plus tard, nous nous rejoindrons à lautre extrémité du bois. Et vous, Jim, quallez-vous faire?
— Vous attendre ici.
Brainerd commença son exploration avec daffreux battements de coeur. Chaque bête fauve fuyant devant lui, chaque oiseau senvolant sur sa tête le faisait tressaillir; le murmure du vent lui donnait des frissons involontaires.
Il avança pourtant, avec la résolution du désespoir, et pénétra jusquau centre de la forêt, cherchant, regardant, écoutant avec anxiété. Mais tous ses efforts furent inutiles; il ne rencontrait que lombre et le silence.