Fig. 128.—Vase de Kamarès (île de Crète).
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Quand on s'éloigne de ces régions pour pénétrer au cœur de l'Asie, dans le nord de la Perse, la Transcaucasie et la Sibérie, on se trouve en présence de deux conceptions artistiques très distinctes, l'une correspondant à l'industrie du cuivre et du bronze, dans les dolmens du Nord iranien, ne comportant qu'une ornementation géométrique fort simple, l'autre dans laquelle le principal motif est la figuration des animaux; ce dernier art se rencontre en Osséthie (fig. 131), au talyche russe et persan et dans l'Arménie russe avec le fer (fig. 132). La spirale joue alors un rôle très important, et le swastika devient plus fréquent que par le passé.

En Sibérie, dans les districts de Minoussinsk et de Krasnoïarsk, vers les frontières de la Mongolie, dans l'Altaï et jusqu'à l'Oural et à la Volga, pays où les gisements de cuivre sont extrêmement nombreux, on a trouvé, soit dans les sépultures, soit isolément, de très nombreux objets dans lesquels les représentations animales jouent le principal rôle décoratif. Les figures sont soit moulées, faisant partie des instruments et des armes, soit sous forme de statuettes, soit gravées au burin dans le métal, sur les objets divers, haches, poignards, vases, ceintures métalliques; et le goût comme la technique sont exactement ceux qui, de nos jours, guident encore les ciseleurs persans. On est tenté de voir dans l'apparition de cet art très caractérisé, venant supplanter l'ornementation géométrique, l'indice de l'arrivée des Iraniens sur le plateau persan, parmi ces populations d'origine inconnue, dont nous parlent les textes des rois d'Assour.

Fig. 129.—Chien et sanglier, d'après une fresque du palais de Tirynthe.
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Nous devons constater que cet art naturaliste paraît être demeuré complètement en dehors de la Chaldée, de l'Assyrie, de l'Égypte et de tout le monde occidental. Il n'y a donc pas lieu de faire intervenir son influence dans le développement du naturalisme méditerranéen (fig. 129).

Mais, si nous comparons cet ensemble artistique à celui qui s'est développé dans nos pays occidentaux, au début de l'industrie du fer, durant cette période qu'on désigne sous le nom de hallstattienne, on est frappé des analogies sans nombre qu'on relève entre l'art naturaliste oriental et celui de l'Occident. Fréquemment les formes des armes et des instruments sont les mêmes, quant aux motifs et aux procédés d'ornementation, principalement dans la gravure, ils sont identiques et spéciaux à tel point qu'on ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre ces deux ensembles qui, d'après les découvertes dans le bassin du Danube et l'Ukraine, se rejoindraient au nord du Caucase, par les steppes russes.