Cette civilisation du fer, en Transcaucasie, a été précédée par une autre plus simple et dont l'art appartient au système géométrique, civilisation qui semble être dérivée de celle du bronze, alors qu'en Occident le Hallstattien succède directement au bronze par une rapide transition.

Dans ces conditions, il semble que le fer, qui était depuis longtemps connu en Asie, avant l'arrivée des artistes naturalistes, n'a peut-être pénétré en Europe qu'avec les Hallstattiens, venus d'Orient chez nous, par les steppes russes et la vallée du Danube.

Toutefois il y a lieu de tenir compte à cette époque des influences méditerranéenes qui, fort probablement, sont venues modifier quelque peu les coutumes des naturalistes de l'Asie.

Cette industrie, on s'accorde non sans vraisemblance à l'attribuer aux Celtes. Il s'ensuit donc que les Celtes, avant leur arrivée en Europe, auraient habité ou envoyé des colonies dans les pays du sud de la mer Caspienne, soit qu'ils y fussent venus du Nord par Derbend ou le Dariall (pays des Ossèthes), soit qu'en partant de la Transcaspienne, ils aient longé les montagnes de l'Elbourz, pour venir dans les pays de l'Araxe. Puis la branche méridionale de leur race se serait soit fondue, soit retirée vers le nord, laissant dans l'Iran leurs goûts et leurs méthodes naturalistes encore en vigueur aujourd'hui chez les graveurs persans. Cet art si caractéristique du Hallstattien se serait, dans l'Occident européen, effacé devant un goût très supérieur, celui des peuples méditerranéens, qui domine à partir de l'époque dite de la Teine.

C'est au début du premier millénaire avant notre ère qu'on place la naissance du Hallstattien dans nos pays. C'est donc plus anciennement que cet art s'est montré dans la Transcaucasie; peut-être quelques siècles seulement, peut-être un millénaire auparavant. D'ailleurs les Hallstattiens orientaux ont vraisemblablement appris à connaître le fer en Transcaucasie, puisqu'il existait dans ces pays avant leur venue; et les sépultures de l'Osséthie ne seraient alors que les témoins du passage des Hallstattiens au travers du Grand Caucase, pays où le cuivre à l'état naturel est beaucoup plus abondant que le fer, ce qui expliquerait la rareté de ce dernier métal dans la nécropole de Koban.

Ce ne sont là certainement que des conjectures; mais la grande diffusion d'un art aussi spécial qu'est celui du Hallstatt ne peut être considérée comme l'effet de simples coïncidences.

Malheureusement, jusqu'à ce jour, les recherches sont bien peu avancées, tant en Transcaucasie qu'en Perse et dans l'Asie centrale. Des fouilles ont été pratiquées en Osséthie, dans l'Arménie russe et dans le talyche russe et persan; là se bornent aujourd'hui nos recherches. Toutefois nous constatons que les peuples du Nord vivaient complètement en dehors de ceux du Sud, et que les civilisations si florissantes de Babylone, de Suse, de Ninive et d'Ecbatane n'ont pas influencé les peuples dont nous avons découvert les tombes dans les nécropoles du Nord.

Dans le nord de l'Asie antérieure, on ne rencontre que de très rares traces d'une céramique peinte toute spéciale, dans les tombeaux contenant des armes de fer; la poterie ornée de dessins au lissoir domine et l'ornement incisé n'est pas rare (fig. 130). Avec l'apparition du fer, nous constatons la présence de nombreux vases présentant des formes animales, chevaux, bœufs, oiseaux; mais, de même que dans la ciselure, nous sommes en présence d'un style spécial, d'origine altaïque si nous en jugeons par les découvertes faites en Sibérie au cours de ces dernières années.