Fig. 130.—L'industrie du fer en Osséthie. Figurations d'animaux.
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En Europe occidentale et centrale, les débuts de la céramique nous montrent des vases, généralement à fond plat, légèrement évasés, irréguliers (fig. 133), faits de pâte grossière et mal cuite à l'air libre dans les foyers; les tessons de cette poterie sont, en général, composés de deux couches extérieures brunâtres et de la partie centrale, à peine cuite et grisâtre; la terre en est à peine pétrie et mélangée de grains de sable.

Fig. 131.—Figurations gravées sur des ceintures de bronze des nécropoles de l'Arménie russe. Industrie du fer.
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Fig. 132.—Poterie incisée. Nécropole de Djonu (Talyche russe).
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Fig. 133.—Poteries grossières:
1, Tertre Guérin (Seine-et-Marne);
2, Dolmen de Châtêau-Larcher (Vienne)
[d'après A. de Mortillet]. [(agrandir)]
Fig. 134.—Vases néolithiques;
1 à 3 et 5 à
10, Chassy (Saône-et-Loire);
6, Bohême;
4, 11 et 12, Bretagne. [(agrandir)]

Plus tard, avec les perfectionnements de l'industrie néolithique, la technique s'améliore peu à peu; les formes se compliquent (fig. 134), deviennent même parfois assez élégantes, et l'ornementation paraît; on l'a déjà rencontrée sous forme d'incisions au cours du Campignien, elle se complique en ponctuations (fig. 134 nos 9, 10 et 12); viennent les vases cordés (fig. 134, n° 12), c'est-à-dire ornés de l'impression d'une corde enroulée sur la pâte encore molle; puis le potier écrase sur son vase de petites boulettes d'argile et en forme des dessins (fig. 134, nos 5, 7 et 8). Mais ce ne sont là que des exceptions; car dans presque tous les pays, c'est l'incision qui domine; parfois même elle devient très artistique, comme en Scandinavie, où elle est particulièrement remarquable dès les temps de la pierre polie. Avec le bronze, la céramique se perfectionne encore; depuis longtemps le tour est en usage et, peu à peu, les formes s'inspirent de celles du monde hellénique. En Italie méridionale, en Sicile, en Espagne, voire même dans le sud de la Gaule, les arts méditerranéens ont eu une grande influence sur l'Occident, dès l'apogée de la Crète et, par voie de terre (fig. 138, 139), les formes mycéniennes ont gagné l'Europe centrale; de telle sorte que, lors de l'apparition du fer, la forme des vases, les motifs des dessins, les procédés techniques ne sont plus qu'un mélange de la culture indigène et de l'art méditerranéen. On peint les vases, mais sans cette habileté des peuples helléniques, et, le plus souvent, ces œuvres de potier ne sont qu'un coloriage peu stable des ornements incisés.