Fig. 140.—Les arts de l'industrie de la Tène. 1, Turoe (Cté de Galway, Irlande); 2, Kermaria, près Pont-l'Abbé (Finistère); 3, Hoch-Redlan (Prusse); 4, Betheny (Marne); 5, Glastonbury (Somerset); 6, Roanne (Loire); 7, Marne; 8, Roanne (Loire); 9a, Matzhausen (Palatinat); 9, frise d'animaux de 9a.
Mais le Nouveau Monde ne doit pas être négligé; car certaines régions de l'Amérique, le Mexique et le Pérou, ont eu des écoles non moins remarquables que celles de l'Asie et de l'Égypte. Là, nous sommes en présence d'un monde à part sans relations avec le reste de l'Univers, évoluant sur lui-même; cette évolution a produit les mêmes résultats que dans l'Ancien Monde; car on trouve en Amérique la poterie incisée, lissée, toutes les variétés de nos continents, et enfin la céramique peinte; les procédés techniques sont les mêmes; seules diffèrent les conceptions artistiques. Quant à l'époque de ces œuvres, nous ne pouvons pas nous en faire une idée basée sur des estimations sérieuses.
L'expérience du Nouveau Monde montre combien il convient d'être prudent dans les hypothèses relatives aux influences, surtout quand il s'agit des procédés d'ordre simple. La même pensée a pu venir chez bien des peuples divers en des temps différents. Les caractères de la céramique primitive, de celle qui ne comporte pas la peinture, ne peuvent être considérés comme concluants au point de vue chronologique, quand il s'agit de peuples différents ou de régions diverses.
D'ailleurs, pour toutes choses relatives aux arts et en particulier pour la céramique, nous sommes encore d'une grande ignorance, en ce qui regarde la plus grande partie de l'Ancien Monde; nous avons vu que pour la Transcaucasie, la Perse, la Russie nous ne possédons que de vagues informations limitées à quelques districts et à quelques peuples; mais au delà, plus loin vers l'Orient, notre ignorance est complète.
CHAPITRE II
LES CROYANCES RELIGIEUSES LE TOTÉMISME ET LA MAGIE
Deux principes semblent régner déjà sur les esprits aux temps où les occidentaux de l'Europe en étaient aux industries paléolithique et archéolithique: le respect des morts, par suite, une croyance à la survie, et peut-être aussi le totémisme, s'appliquant, comme chez les populations primitives modernes, aux événements de l'existence.
Dans les grottes de Grimaldi, et dans beaucoup d'autres cavernes, on a trouvé le mort enterré près de son foyer, entouré des objets qui lui étaient familiers. Cette coutume, qui s'est continuée jusqu'à la fin de l'usage de la pierre taillée, et qui, après l'apparition des métaux, a pris plus de force encore, montre, à n'en pas douter, que nos précurseurs sur le sol de la France possédaient déjà des notions sur le culte des morts, croyaient à la vie future et, en conséquence, à une puissance supérieure à celle des humains. Cette notion, d'ailleurs, n'est pas spéciale aux races qui ont habité l'Occident européen à l'époque quaternaire, elle est universelle; mais c'est dans nos cavernes que s'en rencontrent, semble-t-il, les plus anciens témoignages recueillis jusqu'ici.