Fig. 9.—Instruments de type acheuléen (St-Acheul).
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Jadis on considérait les trois «époques» des alluvions comme parfaitement distinctes et caractérisées par des industries passant de l'une à l'autre; mais voici que déjà ces théories absolues s'effritent dans notre propre pays, et l'on admet généralement que la «période» moustiérienne des provinces méridionales est synchronique de l'Acheuléen supérieur de la Picardie[72].
Dans le bassin de la Garonne, où le silex fait défaut, ce sont les quartzites qui le remplacent; il en résulte une industrie grossière qu'on rencontre d'ailleurs dans un très grand nombre d'autres régions (fig. 10) et qui, au premier aspect, semblerait être plus archaïque que celle du nord. Cependant la présence d'Elephas primigenius, Rhinoceros lichorhinus et Felis spelœa, et d'autres espèces encore, indique les concordances et les discordances chronologiques[73]. Dans la Vienne et les Charentes, au contraire, les matières se prêtant à la taille, les instruments des mêmes industries montrent une finesse de travail et une régularité de contours des plus remarquables.
Fig. 10.—Instruments de type
chelléen (Lac Karar, Algérie).
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Comme toujours, les alluvions peuvent laisser planer des doutes quant à l'âge relatif de ces industries qu'elles ne présentent que rarement complètes et accompagnés de témoins paléontologiques, ces restes pouvant avoir été remaniées de dépôts quelque peu antérieurs aux instruments qu'ils renferment. La station du Garret, dans la commune de Villefranche (Rhône), présente un exemple frappant de ces mélanges[74].
Sous ce rapport, les cavernes offrent bien plus de sécurité; or il se trouve en Dordogne, dans la commune de Tayac, un gisement de la plus haute importance, celui de la caverne de la Micoque, qui, exploré méthodiquement à partir de 1896, par MM. Chauvet et Rivière[75], a fourni sur l'industrie acheuléenne, dans le centre de la France, les renseignements les plus précieux.