Quant à l'or, on le rencontre aussi anciennement employé que le cuivre, dont il est le compagnon dans presque toutes les stations et dans les sépultures énéolithiques. La tombe de Ménès, à Négadah, contenait une perle-spirale d'or, fort pesante. De même, dans les sépultures de Mugheïr (Ur de la Bible) et de Warka (Erech) les tombes renferment en même temps que des outils de pierre et de cuivre (quelquefois aussi de bronze), de grossiers bijoux d'or.

Quoique les découvertes soient, de jour en jour, plus nombreuses, nous sommes encore bien insuffisamment renseignés sur l'extension et la durée des industries énéolithiques; ce n'est que par de très nombreuses analyses chimiques qu'il sera possible d'être à même de se prononcer; car l'usage du bronze venant se greffer sur celui du cuivre, on trouve fréquemment des mélanges d'instruments de pierre, de cuivre et de bronze. Aussi la plupart des archéologues, tout en reconnaissant l'existence d'une industrie du cuivre et en la plaçant dans la dernière phase néolithique, ne la distinguent-ils que peu[126] ou point[127] de celle du bronze.

L'apparition du métal (fig. 50) ne donna pas lieu, comme on serait tenté de le penser, à une révolution dans l'ordre de choses établi; elle se fit lentement et par contact, dans la majeure partie des cas, plutôt que par invasion, et peu à peu s'infiltra dans les milieux néolithiques. Au début, les armes et les instruments métalliques furent peu nombreux, par suite de la rareté du cuivre qui, tout d'abord, n'entra chez les peuples que par le commerce; on copia les formes des outils de silex et, parfois aussi, ce fut l'inverse qui eut lieu. Puis, la métallurgie s'établissant dans les pays miniers, et les relations commerciales s'étendant, la plupart des types de pierre disparurent: mais cette substitution du métal à la pierre fut très irrégulière et très lente, la pierre taillée continua d'être en usage pendant longtemps encore; on l'employait pour armer les projectiles qui, par leur destination même, devaient être perdus. C'est ainsi que, même au temps où le fer était connu dans tout l'Ancien Monde, les pointes des flèches et des sagaies se fabriquaient en pierre en même temps qu'en métal. Puis, dans certaines pratiques rituelles, l'usage de la pierre demeura de rigueur; il persista même pendant des milliers d'années. L'éviscération des momies, en Égypte, se faisait au moyen d'une lame de silex[128] et, chez les Asiatiques, il en était de même pour la circoncision[129]. Cette dernière application de la pierre permet de comprendre l'importance que prit dans les pays égéens le travail de l'obsidienne en vue de l'exportation.

Fig. 49.—Tépéh Goulam (Poucht é Kouh).
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