Fig. 50.—1, Sépulture énéolithique de Fontaine-le-Puits (Savoie).—a, Pointe de javelot.—b, c, Haches en jadéite.—d, Lames et tranchets.—e, Lames et grandes pointes de flèches.—f, 10 pointes de flèches en silex.—g, 22 pointes de flèches en silex.—h, Défenses de sanglier.—k, Hache plate en cuivre (n° 2).—m, Poignard en cuivre (n° 3).—n, Poinçon en cuivre.—p, Coquillage.—q, Pendeloque en cuivre.—4, Suse, cuivre.—5, Île de Crète, id.—6, Hissarlik, id.—7, Espagne (cuivre).—8-11, Adimeiyeh (Égypte), id.
L'industrie énéolithique n'est donc pas, à proprement parler, une étape bien définie de la culture humaine; elle n'est qu'une phase de transition, et nulle part l'apparition du cuivre ne modifia les mœurs et les usages des néolithiques; elle ne représente ni une époque, ni une durée, car sa propagation fut irrégulière dans ses progrès suivant les lieux, et l'apparition du bronze s'étant produite de même manière, il en résulte que certaines régions demeurèrent beaucoup plus longtemps que d'autres, la Hongrie, par exemple, dans cet état transitoire.
Il est à remarquer que le métal, aux débuts, étant une matière extrêmement précieuse, on le ménageait avec grand soin et que, par suite, beaucoup de stations que nous considérons comme étant néolithiques parce que le cuivre y fait défaut, appartiennent cependant à l'industrie énéolithique; quelques archéologues sont même d'avis que les dernières phases de la pierre polie, chez les divers peuples, doivent toutes être rangées dans l'industrie naissante du métal; je ne suis pas éloigné de partager cette opinion en ce qui regarde l'Égypte et le nord de l'Afrique.
CHAPITRE VI
LES INDUSTRIES DU BRONZE
La découverte des métaux et la métallurgie.—Le bronze est un alliage de cuivre et d'étain. Ce mélange possède des qualités de dureté très supérieures à celles du cuivre rouge, métal mou qui se martèle aisément; le bronze est au cuivre ce que l'acier est au fer. Mais ce n'est pas seulement par l'alliage de l'étain qu'on peut donner de la dureté au cuivre, une faible proportion d'arsenic[130], d'antimoine ou de zinc[131] modifie l'état moléculaire du cuivre. Ces procédés ont peut être été tentés par les Anciens, par tâtonnements, mais on ne peut être affirmatif à cet égard; car ces alliages proviennent peut-être, probablement même, des impuretés du minerai de cuivre traité.
Le mélange qui donne au cuivre les qualités les plus propres à l'usage auquel étaient destinés les armes et les outils, est la proportion de 10 p. 100 d'étain; un supplément d'alliage le rend de plus en plus cassant; une teneur de 30 p. 100 d'étain donne un métal blanc, très fragile, qui était employé dans l'Antiquité pour les miroirs.
Cependant les métallurgistes des temps primitifs, ne disposant pas de nos moyens scientifiques modernes, ne pouvaient procéder que par tâtonnements, par essais successifs, et c'est pourquoi la teneur en étain des instruments de bronze est extrêmement variable. Il faut compter aussi que si les minerais de cuivre se rencontraient en abondance dans l'Ancien Monde, les gisements stannifères étaient beaucoup plus rares et que, par suite, l'étain faisait souvent défaut sur le marché de bien des pays. Toutefois, la composition que les fondeurs des temps préhistoriques semblent avoir voulu atteindre varie entre 10 et 18 p. 100 du métal blanc.