Les bijoux, très variés, sont faits d'or, de bronze et de fer; ce sont des torques, des colliers de perles de verre coloré ou d'ambre, de corail, d'ivoire, de nacre; des bracelets aux formes multiples, des anneaux d'oreilles, des pendeloques, des épingles, des fibules variées à l'infini, des trousses de toilette, des amulettes représentant des animaux, le plus souvent des chevaux, parfois montés; enfin, des ceintures de bronze, plus ou moins larges, couvertes de gravures ou de figuration au repoussé. Presque tous les bijoux métalliques sont finement ornés de dessins géométriques gravés auxquels viennent souvent se joindre des représentations animales, humaines, ou des symboles religieux, tels que le disque solaire, la roue, le swastika, et beaucoup d'autres encore dont la signification nous échappe.
La forme des vases et l'abondance de la poterie varient suivant les régions. Cette céramique est généralement ornée de gravures géométriques, auxquelles vient se joindre une grossière peinture couvrant un enduit, mais on y voit également figurer l'homme et les animaux sommairement rendus par des traits droits, comme dans les représentations caucasiennes.
Fig. 64.—Métallurgie du fer. Four
à minerai, Jura bernois, d'après Quinquery.
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Les écrivains de l'antiquité classique, grecs et romains, nous entretiennent d'un peuple ligure, mal défini, mais dont le souvenir était resté vivace dans tout l'Occident. Ces Ligures se composaient assurément de toutes les anciennes races indigènes de nos pays, groupées et fondues dans un élément étranger que les auteurs modernes les plus judicieux[137], dans leurs hypothèses, considèrent comme les auteurs de la civilisation néolithique et pensent qu'ils font partie de ces vagues successives de parler aryen qui se sont abattues sur l'Europe à tant de reprises différentes; les Ligures seraient les constructeurs des dolmens et, peut-être aussi, les premiers habitants des palafittes; mais en même temps que des tailleurs de pierre émérites, ils seraient devenus métallurgistes, vraisemblablement sous des influences extérieures.
Nous avons montré de combien d'incertitudes s'entoure la genèse de la métallurgie, et nous avons dit que nous la pensons être d'origine orientale; elle serait donc parvenue chez les Ligures, déjà depuis longtemps installés en Occident, par des courants continentaux, ainsi que par la mer Méditerranée. Les Celtes et les Doriens auraient été les grands propagateurs de l'industrie du fer. Le métal se serait tout d'abord répandu, en tant que matière et procédés s'y rattachant, et les Ligures auraient adapté son usage à leurs besoins et à leurs goûts; puis seraient venus les objets exportés du monde hellénique. Ainsi s'explique le dualisme des tendances artistiques au cours de l'industrie du bronze, dualisme qui n'existe pas dans les dolmens orientaux du nord-ouest de la Perse, et qu'on ne retrouve dans ces régions que beaucoup plus tard, quand, par les comptoirs du Pont-Euxin, l'influence hellénique pénétra chez les peuples de la Transcaucasie.