Jacques.—Pourquoi?

Le citoyen Esprit.—Parce qu'il ne saurait trouver un autre domestique aussi bête que toi.

Jacques.—Chest ben possible... Puis c'té fraternitai, elle, qué qu'chest?

Le citoyen Esprit.—Cela veut dire que nous sommes tous frères.

Jacques.—Ah! cha, du coup, chest une bêtise; car, quand ma mère, qui n'vient plus d'pis qu'al est morte, venait m'ver, a m'embrachait toujou; puis a disait: Boujou, man fieu! Mais a n'embrachait pas man maîte; au contraire, a faisait une révérence, puis disait: Boujou, maîte Pierre! mais a n'y disait jamais: Boujou man fieu, ni boujou man frère! Cha fait ben ver qu'a n'était pas sa sœur et qu'il n'est pas man frère.

Le citoyen Esprit.—Il ne s'agit ici ni de père ni de mère.

Jacques.—Chest vrai, y sont morts tous deux.

Le citoyen Esprit.—Tu ne comprends pas. Il n'y a plus ni père ni mère pour personne; nous sommes tous enfants de la nature.

Jacques.—De la nature? Connais pas! J'avais toujou cru qu'j'étais l'fieu d'ma mère qu'est morte, pauve fame.

Le citoyen Esprit.—Pauvre Jacques! quel dommage qu'on ait paralysé l'action des clubs! je t'aurais fait admettre pour t'initier aux grands principes....