SAINT-JEAN (Feux de).

En certaines communes, on fait un feu de joie la veille de la fête de saint Jean-Baptiste. Chaque habitant apporte un bâton pour l'entretien du feu; des danses ont lieu pendant une partie de la nuit, et l'on n'oublie jamais d'emporter avec soi quelques charbons comme préservatifs de la foudre et de l'incendie (Voir notre Essai sur le canton de Londinières, page 242). Il nous semble voir là clairement un souvenir des feux qui signalaient, chez les anciens Slaves, la fête du dieu Koupalo (24 juin), et autour desquels dansaient hommes, femmes, enfants et vieillards (Encyclopédie du XIXe siècle, vol. XXIV, p. 559). Koupalo était le dieu des productions de la terre. Avant la révolution de 1793, ces sortes de feux avaient lieu même à Paris: «La veille de Saint-Jean, les échevins faisaient élever, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, un immense bûcher auquel le roi mettait solennellement le feu. En 1471, Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, communiqua lui-même la flamme à cet amas de matières combustibles dont l'incendie éclairait toute la ville. Les chroniques contemporaines nous ont conservé les détails de cette cérémonie.

«Au milieu de la place de Grève s'élevait un arbre de 90 pieds de hauteur, hérissé de traverses auxquelles on attachait 800 bourrées et 300 cotrets; 15 voies de bois et une immense quantité de bottes de paille en formaient la base. Le tout était surmonté d'un tonneau et d'une roue. Des guirlandes de fleurs décoraient ce colossal appareil, dans lequel il faut voir l'idée première de nos feux d'artifice officiels. Des bouquets volumineux étaient distribués au roi, aux personnes de sa suite, aux magistrats et aux notables. Une compagnie d'archers de la ville, composée de 200 hommes d'armes, maintenaient l'ordre conjointement avec 100 arbalétriers et 100 arquebusiers. Avant de mettre le feu, on plaçait dans le bûcher les célèbres doubles pétards dits de la Saint-Jean, les grosses fusées et tous les produits pyrotechniques connus à cette époque; on suspendait ensuite à l'arbre un grand panier renfermant deux douzaines de chats et un renard.

«Les registres de comptabilité de l'Hôtel-de-Ville contiennent, au sujet de ce dernier article, la mention suivante:

A Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent sous parisis pour avoir fourni, durant trois années, tous les chats qu'il fallait audit feu, comme de coutume; mêmement pour avoir fourni, il y a un an, où le roi assista, un renard, pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient lesdits chats.

«Lorsque le feu était apaisé, le roi montait à l'Hôtel-de-Ville, où l'attendait une somptueuse collation. La foule se précipitait sur les débris du bûcher et se disputait les tisons, dont la possession était un gage de bonheur et de réussite en toutes choses pendant une année entière.

«Louis XIV n'assista qu'une seule fois à cette cérémonie, et Louis XV refusa de s'y montrer. Le feu de la Saint-Jean ne fut plus alors considéré que comme une tradition populaire, et les vestiges en furent effacés par l'orage de la Révolution.» (Journal de Rouen, 18 février 1852.)

SAINT-BENOIT.

Quand il pleut le jour de saint Benoit (11 juillet), on est convaincu que la pluie durera quarante jours. Il faut peut-être voir l'explication de cette croyance dans la légende du saint. Un jour, étant allé visiter sa sœur, sainte Scholastique, celle-ci voulut le retenir au moment de partir; mais, comme il se refusait à rester, elle pria Dieu qui suscita une si grande tempeste de tonnerre, d'esclairs et de pluye, que saint Benoit ne put sortir de la maison (Fleurs des vies des Saints, par Ribadeneira, tome I, page 493, édit. in-4º.

SAINT-MARC.