«Les lois imposées au romancier par les diverses esthétiques se ramènent en définitive à une seule: donner une impression personnelle de la vie»[149].

[149] Cruelle Enigme. Dédicace à M. Henry James, p. 3.

Le Roman est une «psychologie vivante», ne décrivant jamais le fait brut objectif, mais le peignant toujours à travers l'âme du romancier; «même la description du paysage le plus résolument plastique n'est-elle pas une transcription d'un état de l'âme?»[150]. «Toute narration d'un fait extérieur n'est jamais que la copie de l'impression que nous produit ce fait et toujours une part d'interprétation individuelle s'insinue dans le tableau le plus systématiquement objectif»[151].

[150] La Terre promise, p. 8, 9 et 6.

[151] Ibidem, p. 9.

Donc, et ceci résume admirablement les rapports du Roman et de la Biologie, le romancier doit avoir uniquement le «souci de doubler la soie brillante de l'imagination avec l'étoffe solide de la science»[152].

[152] Essais de Psychologie contemporaine; M. Taine, p. 181.

Nous revenons ainsi à l'idée annoncée au début de cette Conférence: la Biologie dans les Romans de Paul Bourget est la charpente de fer qui soutient l'édifice; mais ce qui fait la beauté de l'édifice, ce sont les tentures et les œuvres d'art qui, à profusion, revêtent et masquent cette ossature, c'est surtout la vie dont on a animé ces appartements.


Il ne nous reste plus donc, en finissant, qu'à présenter publiquement nos excuses à Paul Bourget pour cette dissection maladroite de son œuvre si bien agencée et si impressionnante.