C'est à un confrère[28] qu'il emprunte cette fière devise: «où descendrions-nous sans la noble douleur?».

[28] L'Etape, p. 422.

Exposant la théorie du Roman d'analyse[29], il «assimile le moraliste au clinicien» et montre que, dans la littérature supérieure, comme en médecine, il faut d'abord faire de l'anatomie et de la physiologie (analyse) avant le diagnostic (synthèse) et avant la thérapeutique (applications).

[29] Œuvres complètes; Romans, t. I (septembre 1900), p. VIII.

René Vincy se sait «atteint» de «romantisme analytique» et développe son mal «comme un médecin qui cultiverait sa maladie par amour d'un beau cas». «Ce que Claude Bernard faisait avec ses chiens, ce que Pasteur fait avec ses lapins», il le fait avec son cœur et lui injecte «tous les virus de l'âme humaine»[30].

[30] Mensonges, p. 75, 300.

Dans un grand nombre de passages, Paul Bourget compare les maladies de l'âme à celles du corps, décrit «leurs heures de convalescence[31], leurs crises, leur thérapeutique…»[32].

[31] Une Idylle tragique (avril 1895-février 1896), p. 311.

[32] Physiologie de l'Amour moderne, p. 548. Titre du chapitre: Thérapeutique de l'amour.—«La psychologie est à l'éthique ce que l'anatomie est à la thérapeutique». (Essais de Psychologie contemporaine, Préface de 1899, p. X).

Il décrit souvent, et fort exactement, des types pathologiques[33] et conclut: «notre être moral subit les mêmes lois que notre être physique»[34].