[33] Voir notamment des passages: sur les névroses (Un Crime d'amour, p. 247 et suiv.; Physiologie de l'Amour moderne, p. 332, 442 et 443; L'Etape, p. 336; Une Idylle tragique, p. 298); sur la neurasthénie (nervous exhaustion) d'un Américain: «la rançon d'une existence de hard work à tuer un Européen en quelques mois» (Voyageuses; Deux ménages, p. 63); sur une tuberculeuse (La Terre promise, p. 102); sur un cardiaque (Un Homme d'affaires, octobre 1900, p. 29); sur l'hygiène du viveur Casal (Un Cœur de femme, p. 359); sur l'artériosclérose (Mensonges, p. 21); sur un cas d'aphasie avec hémiplégie droite et les traits tirés à gauche (André Cornelis, avril-novembre 1886, p. 352); sur la télépathie (Nouveaux Pastels. Dix portraits d'homme, 1890; Autre joueur, p. 344); sur le spiritisme (Mensonges, p. 37); sur le rêve (La Duchesse bleue, p. 542; Un Cœur de femme, p. 315); sur les avariés scrofuleux (La Duchesse bleue, p. 372; Physiologie de l'Amour moderne, p. 366 et 531: le «mal dont Voltaire accuse si plaisamment Christophe Colomb»); sur les fous (Ibidem, p. 522, LXXVI); sur les rapports de l'estomac et du système nerveux (Ibidem, p. 554)… Dans l'Echéance (p. 43), il y a une excellente description de l'alcoolique, de sa «loquacité… si douloureuse à suivre, tant on la sent morbide, qui tour à tour précipite ou cherche les mots», qui est «la première forme de ce qui sera, dans trois mois, dans huit jours, demain, le délire expansif avec le dérèglement de sa gloriole et de ses vantardises»… et de ces «hésitations dans l'attaque des mots qui révèlent l'aphasie latente»,—dans Un Cas de conscience (p. 20), la description du mal de Bright, de l'urémie convulsive et de leur traitement…
[34] Deuxième Amour (octobre-novembre 1883), p. 139.
Les analogies de la physiologie et de la psychologie sont indiscutables; comme dit Taine, «la littérature est une Psychologie vivante»[35]. Donc, rien de plus intimement lié que le Roman et la Biologie.
[35] Essais de Psychologie contemporaine, p. X.
Voilà l'opinion de Paul Bourget sur la personne, la langue et la méthode des médecins et des biologistes. Cela nous fait prévoir son opinion sur leurs doctrines.
5. Au fond, pour le biologiste, la vie d'un homme, à un moment donné de son existence, est résultante de quatre facteurs: l'hérédité, le milieu, le passé individuel et l'élément personnel (ce dernier facteur étant difficile à analyser scientifiquement, mais indiscutable dans son existence).
Je crois qu'il va être facile de vous montrer le compte que tient Paul Bourget de ces quatre facteurs dans la composition de ses personnages.