Victoria avait promis un fils à son époux. Le 11 novembre 1841, c’est-à-dire moins d’un an plus tard, elle tenait sa promesse, en donnant le jour au prince Albert-Edward, événement que la nation célébrait avec enthousiasme. Le 4 décembre, la reine créait son fils prince de Galles et comte de Chester. Il héritait en même temps de son père les titres de duc de Saxe, et de sa mère ceux de duc de Cornouailles, duc de Rothesay, comte de Carrick, baron de Renfrew, lord des Iles et grand intendant d’Écosse.

Adélaïde-Marie-Louise, fille aînée de la Reine, Impératrice Frédéric.

Le baptême eut lieu en grande pompe le 25 janvier de l’année suivante, dans la chapelle Saint-Georges, du château de Windsor. La reine avait fait demander de l’eau du Jourdain pour cette cérémonie que présidait l’archevêque de Cantorbéry. Le parrain était Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse, en sa qualité de maître du royaume protestant le plus puissant du continent; la marraine, la duchesse de Saxe-Cobourg, était représentée par la duchesse de Kent, grand-mère du petit prince.

Alice-Maud-Mary, deuxième fille de la Reine.

Ses premières années s’écoulèrent à Osborne et à Richmond Park, où, en dehors de ses leçons, il s’adonnait au métier de charpentier. Après ses études aux Universités de Cambridge et d’Oxford et une visite aux États-Unis et en Orient, il épousait, en 1863, la princesse Alexandra, fille du roi Christian IX de Danemark.

Le troisième enfant de la reine et du prince Albert est la princesse Alice-Maud-Mary, née le 25 avril 1843, qui épousa, à l’âge de dix-neuf ans, le grand-duc de Hesse. Elle mourut de la diphtérie le 14 décembre 1878, laissant sept enfants, dont une est aujourd’hui la femme de Nicolas II, empereur de toutes les Russies.

Le quatrième est le prince Alfred-Alexandre-Guillaume-Ernest-Albert, duc d’Edimbourg, né le 6 août 1844. Destiné à la marine, il y entra à l’âge de quatorze ans; mais étant héritier de son oncle le duc de Saxe-Cobourg et Gotha, il acheva ses études en Allemagne. Son amour pour le violon, sur lequel il est de première force, l’avait fait surnommer par son père, dans ses jeunes années, le «ménétrier de la Cour».