On le vit à la cour, leste, pimpant, spirituel, galant, le premier des hommes dans l’art difficile de l’acrostiche et du bout-rimé.

Il apprit à broder au métier, à parfiler et à faire les découpures.

Il passait sa journée à écrire des billets doux et à rimer des épîtres amoureuses.

Il eut des succès à n’en plus finir.

Le Laurier, comme de raison, choisit une carrière tout à fait opposée.

En passant sur le Pont-Neuf, il suivit un raccoleur qui l’engagea au service du roi de France.

Il fit campagne avec le prince de Soubise, et prit Port-Mahon au son des violons du maréchal de Richelieu.

Il se retira avec le brevet de colonel.

Pendant toute la durée de sa carrière militaire, il mena l’amour tambour battant, mèche allumée, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir autant de succès que son camarade le Myrte.

Aussi ne pouvait-il souffrir les airs de supériorité que ce dernier se donnait de temps en temps, et qui faisaient naître entre eux des sujets de querelles sans cesse renaissants.