—La scélérate!

—C’est donc contre elle que vous en avez? Elle vous a repoussé un peu rudement l’autre jour, c’est vrai; mais dame! il paraît que vous vous étiez permis...

—Apprenez, monsieur Jabulot, que je ne me permets jamais rien. Qu’il vous suffise de savoir que cette demoiselle Pierrette n’est point la voisine qui convient à un citoyen paisible et rangé, qui se couche à huit heures du soir, et qui n’entend point être réveillé à minuit; d’un homme honnête et chaste, qui n’aime pas à écouter par force tout ce qu’il plaît à de jeunes écervelés de chanter sur l’air du tra la la. Que Mlle Pierrette et ses dignes amis se livrent tant qu’ils voudront à leurs folles orgies, je fuis, je quitte ces lieux autrefois calmes et vertueux, je donne congé devant Dieu et devant les hommes.

Un bruit de fiacre se fit entendre devant la porte de la maison, et M. Coquelet finissait à peine sa tirade, qu’une petite femme, la tête surmontée d’un bonnet de pierrot, les épaules et le reste du corps enveloppés d’un vaste tartan, passa comme un sylphe devant la loge; elle glissa entre les deux vieillards, et s’élança vers l’escalier, légère, vive, sautillante, en criant:—Bonjour, monsieur Coquelet! bien des choses de ma part à monsieur votre serin.

M. Coquelet avait la faiblesse des serins.

II

VOISIN ET VOISINE

Sur le carré de Coquelet, ainsi que l’avait dit Jabulot, il y avait deux mansardes.

L’une occupée par un jeune homme, l’autre par une jeune fille. L’appartement de Coquelet les séparait.

Contre toutes les règles de l’art, nous allons commencer par nous occuper du jeune homme.