—Rassurez-vous, père Jabulot, rassurez-vous; ce n’est pas cela.
—Mais alors, s’écria le portier en se redressant, vous auriez quelque reproche à me faire! Parlez, monsieur, parlez: on peut être fautif à tout âge, mais à tout âge aussi on peut se corriger.
—Je me plais à vous rendre cet hommage, Jabulot, que vous n’êtes pour rien dans la pénible décision que je me vois forcé de prendre.
—Mais pourquoi! mais pourquoi! mais pourquoi!
—Vous ne le devinez pas, Jabulot?
—Nullement. Une maison si propre, si bien tenue, que j’habite depuis plus de quarante ans. Ah! tenez, monsieur Coquelet, je ne suis pas comme vous, moi: on m’offrirait les plus beaux cordons de Paris, que je ne voudrais pas abandonner le mien. Là où je m’attache une fois, je meurs. Faites-moi le plaisir de me dire ce qui vous manque. Vous avez un propriétaire qui ne veut pas de chien chez lui, des locataires qui appartiennent aux classes les plus distinguées de la société: un huissier, un professeur d’écriture, un fabricant d’étuis à chapeau; des voisins...
—C’est ici que je vous arrête, Jabulot, car, puisqu’il faut vous l’avouer, ce sont mes voisins qui m’obligent à me séparer de vous.
—Dites plutôt vos voisines, car vous n’avez sur votre carré que ce jeune homme et cette petite ouvrière qui habitent les mansardes à côté de votre appartement. L’un, M. Frantz...
—Oh! ce n’est pas celui-là.
—Je le crois bien, un ange, un petit saint, qui passe toute sa journée à travailler, qui ne voit jamais personne, qui ne sort jamais que pour aller porter son ouvrage. L’autre, Mlle Pierrette...