En allant au parquet, il voyait Pierrette assise sur les bancs de la police correctionnelle; le ministère public concluait à six mois de prison et mille francs de dommages-intérêts.

Alors Coquelet se levait, promenait un regard assuré sur les juges et sur l’auditoire; tout le monde faisait silence, et il déclarait que si la coupable consentait à l’épouser, il retirait sa plainte sur-le-champ.

Pierrette se jetait à ses genoux et les embrassait en fondant en larmes; le ministère public lui adressait un speech de félicitation sur sa générosité, et l’auditoire le couvrait d’applaudissements, malgré les avertissements du président, qui réclamait en vain le silence, toutes les marques d’approbation ou d’improbation étant sévèrement défendues par la loi.

Quelle différence au retour!

La réalité, et la réalité poignante, à la place de tant d’illusions!

Coquelet se voyait forcé de déménager, d’abandonner un logement où il avait passé des jours si heureux et si tranquilles, où ses serins étaient si bien acclimatés.

Il supputait les dépenses forcées et extraordinaires qu’occasionne toujours un déménagement.

Tout moyen de contraindre Pierrette à devenir sa femme était perdu.

On est supplié de se figurer le désespoir de Coquelet. Rien ne saurait lui être comparé.

IX