L’exécution devait avoir lieu à deux heures.
Bien avant dans la matinée la foule avait envahi la place; on voyait des têtes aux fenêtres, des têtes sur les arbres, des têtes sur les toits.
Cette multitude gesticulait, parlait, appelait le patient à grands cris.
Enfin, à l’extrémité de la place, on vit paraître le cortége: d’abord le clergé, puis les pénitents; à la fin, le patient au milieu des archers de la Sainte-Hermandad.
Ce fut un moment de calme et de solennelle attente.
Il faut vous dire que ce jour-là, le gouverneur avait ordonné qu’on fît entrer Grenadilla par l’escalier secret du palais. Il voulait que, cachée derrière une jalousie, elle pût jouir de tous les agréments de la fête sans être incommodée par le soleil, la poussière et la foule.
Grenadilla était trop bonne Mexicaine pour refuser sa part d’un auto-da-fé, aussi s’empressa-t-elle d’accepter l’invitation et de se rendre au poste qui lui était assigné.
Notre impartialité d’historien nous fait un devoir de convenir que le gouverneur se tenait à côté d’elle, et lui adressait une foule de galanteries auxquelles la danseuse semblait ne pas faire grande attention, et qu’elle recevait en femme qui a l’habitude de semblables compliments.
—Cruelle! lui disait le gouverneur.
Grenadilla riait.