Les gardiens firent redescendre Tumilco dans son cachot; le lendemain on le mit en chapelle.

VII

L’AUTO-DA-FÉ

Cependant les Mexicains s’impatientaient.

On se demandait de toutes parts: A quand l’auto-da-fé? Est-ce pour demain, ou après-demain? Est-il convenable et juste de faire attendre si longtemps pour brûler un méchant petit hérétique? C’est montrer bien peu de zèle pour les intérêts de la religion et de respect pour les bons catholiques.

On répétait tous ces propos au gouverneur, qui répondait:

—Cela ne me regarde pas: il est entre les mains de l’Inquisition, qu’elle en fasse ce qu’elle voudra.

Le fait est que le gouverneur, épris plus que jamais des attraits de la Grenadilla, aurait peut-être adoré le soleil pour lui plaire; mais Grenadilla n’était pas capable d’exiger une telle énormité.

Un beau jour, enfin, les habitants de Mexico virent se dresser sur la place publique le bûcher si impatiemment attendu.

Les cloches sonnaient à toute volée, les confréries de pénitents, bannières en tête, se rendaient chez le grand inquisiteur pour lui faire cortége; une estrade lui avait été réservée sur la place publique en face du bûcher.