—Je ne m’appelle pas Esteban, dit le cacique, on me nomme Tumilco. Allez-vous-en.
—Songez à Dieu, mon frère.
—Ton Dieu n’est pas le mien, reprit Tumilco; qu’on ouvre les fenêtres.
On obéit à ce désir. Le soleil à son déclin brillait encore à l’horizon.
—Voilà mon Dieu, s’écria le cacique, c’est celui de mes pères. Soleil, reçois ton enfant dans ton sein!
Le prêtre se cacha les yeux avec la main, fit le signe de la croix et murmura: Vade retro, Satanas.
Tumilco était mort.
—Vous empêcheriez plutôt le tournesol de suivre la marche du soleil, que ces hérétiques de revenir au culte de leur astre. Voilà ce qu’on a gagné à ne pas le brûler.
Le voisin charitable qui prononçait cette oraison funèbre ne se doutait pas que Tumilco le cacique n’était autre chose que l’incarnation du Tournesol. En adorant le soleil, il ne faisait que suivre la loi de la nature.