La jeunesse, la beauté, l’esprit, les qualités de l’âme et de l’intelligence, tout cela commence par paraître fort beau, mais le luxe, l’éclat, le rang, le titre, ne sont pas à dédaigner non plus; on les méprise de loin, la perspective change dès qu’on peut les atteindre. Le sacrifice coûte quelques soupirs, il est vrai, mais le feu des diamants sèche bien vite toutes les larmes.

La vanité fait taire l’amour, et comment ne pas être vaine quand on possède les charmes de Mlle Rose Chardon?

Aussi les vieilles commères du quartier avaient-elles bien raison de dire, en voyant un jour la belle lingère repousser dédaigneusement les galanteries du marquis Annibal-Astolphe-Tancrède:—Elle a beau faire, elle y viendra.

VI

OU LE MARQUIS TRIOMPHE

Elle y vint en effet.—Où donc?—Chez le marquis, un soir, à la brune; on la fit entrer par la petite porte du parc. Dans la nuit, ils partirent ensemble pour l’Italie.

Il y a des femmes, et ce ne sont ni les moins spirituelles, ni les moins jolies, que la niaiserie, la sottise fascinent. Ces deux qualités doivent, il est vrai, être accompagnées de beaucoup d’argent. Mlle Chardon était sans doute au nombre de ces femmes.

Le marquis Annibal-Astolphe-Tancrède, malgré les criailleries de la branche aînée et de la branche cadette de la noble maison de l’Asnerie, épousa la lingère. Il s’était entiché de sa mésalliance.

VII

UN BEL EXEMPLE DE MODÉRATION