Lautrec mourut jeune; les uns disent de fatigue et de chagrin, les autres d’une fluxion de poitrine.

Quoi qu’il en soit, Clémence Isaure le pleura et composa une magnifique épitaphe en vers gascons, pour orner la tombe de son mari.

Au bout de six mois, cette veuve inconsolable voulut se remarier; mais l’exemple du jeune et beau Lautrec effraya les plus hardis. Pour se consoler des ennuis du veuvage, Clémence Isaure, libre de tout soin, fonda alors la célèbre académie des jeux Floraux, qui subsiste encore de nos jours.

Elle voulut que l’auteur du plus beau morceau de poésie fût décoré d’une églantine d’or: elle-même se donnait en prix.

Depuis cette époque, l’Églantine a subi mille métempsycoses. Elle a habité tour à tour le corps de Marguerite de Navarre,

De Mme Du Deffant,

De Mme de Staël.

Quelquefois elle a choisi des personnalités moins illustres. Sous l’Empire, elle s’appelait Mme Babois;

Sous la Restauration, elle signait: la Contemporaine.

Nous ne vous dirons pas sous quel nom elle est connue maintenant.