Comme en entendant les cloches du lieu natal, ou le refrain d’une mélodie qu’on vous chantait dans votre enfance, on pleure à la vue de la fleur du pays!

Elle vous regarde, elle vous reconnaît, elle vous parle: Je suis ta sœur, ramène-moi sur la colline, dans le vallon, au milieu des prés, sur les bords du ruisseau où je suis née.

Là, les vents sont plus doux, l’onde plus fraîche, les bois plus murmurants, le chant des oiseaux plus harmonieux. Je languis loin de la patrie; emmène-moi, emmène-moi!

Voilà ce que dit la fleur du pays.

Heureux ceux qui la trouvent sur leur passage, car c’est la voix consolante du souvenir qui vous parle dans sa corolle parfumée.

Le genêt d’or, la lavande à l’épi bleuâtre, le lis penché, les blanches marguerites, les muguets frais et odorants croissent dans bien des lieux; mais il est une fleur qu’on ne trouve qu’en Provence: c’est la cassie, la fleur de mon pays.