J’ai remarqué que mon existence comme femme a constamment dépendu de mon existence comme fleur; j’ai été heureuse ou malheureuse, fêtée ou délaissée, selon que les hommes ont plus ou moins aimé la rose.
Les derniers siècles de Rome n’aimèrent qu’un seul genre de femmes, les courtisanes; ils ne connurent qu’une fleur, la rose.
Marc-Antoine, à son lit de mort, voulut qu’on le couvrît de roses.
Pour retrouver sa première forme, l’âne d’Apulée n’eut qu’à manger des roses.
Les anciens jetaient des roses sur les tombeaux et venaient chaque année offrir des mets de roses, rosales escæ, aux mânes de leurs parents et de leurs amis.
C’est le front couronné de roses que les convives échangeaient entre eux la coupe des festins.
Les peintres égayaient le front mélancolique d’Hécate d’une couronne de roses.
On plaçait sur la table un vase dont l’ouverture était cachée par des roses. Ces roses étaient l’emblème gracieux de l’aimable discrétion qui doit suivre les gais propos échappés à la gaieté de la table. Malheur au profane qui eût découvert le pot aux roses.
C’était le temps où Néron partageait le trône avec Poppée, et lui faisait rendre les honneurs divins.