Dès que les roses redevinrent à la mode, je sentis s’améliorer ma position. Depuis François Ier jusqu’à Louis XIV, je... (Pages maculées.)
Dans l’année 1754, je recevais beaucoup chez moi un financier, lequel financier aimait par-dessus toutes choses la conversation des beaux esprits.
La plupart des gens de lettres étaient donc admis à ma table et dans mes salons; ils reconnaissaient mon bon accueil en m’adressant un exemplaire de leurs ouvrages. L’un d’eux me dédia un petit poème en trois chants, intitulé l’Art de cultiver les roses. J’extrais des notes les particularités suivantes qui flattent mon amour-propre de fleur:
Le dieu Vichnou cherchant une femme, la trouva dans le calice d’une rose.
Saint François d’Assise, afin de mortifier sa chair, se roula un jour sur des épines. Aussitôt, à chaque endroit où le sang du saint avait coulé, surgirent des roses blanches et rouges.
Pendant le moyen âge, une loi formelle permettait aux nobles seulement de cultiver les roses.
Le chevalier de Guise s’évanouissait à la vue d’une rose, et le chancelier Bacon entrait en fureur en apercevant la même fleur, même en peinture.
Marie de Médicis était sujette à la même infirmité.
Au douzième siècle, le pape institua l’ordre de la Rose d’or. A chaque avénement, le pape l’envoyait au nouveau souverain en signe de reconnaissance officielle.