Personne n’ignore que, vers 1839, une modification assez notable eut lieu dans les préférences littéraires. La femme pâle, étiolée et verte commença à perdre de ses partisans. Mme de Sainte-Rosanne crut un moment qu’on allait revenir à la femme mousseuse de l’Empire. Son erreur ne fut pas de longue durée. On inventa la femme vive, espiègle, fugace, insaisissable, mordorée, prismatique, spirituelle, ennuyeuse, adorable; la femme à reflet, la femme-serpent.

Mme de Sainte-Rosanne sentit que son règne était fini sur la terre, et elle envoya sa soumission à la Fée aux Fleurs.

Au moins, dit-elle, je retrouverai là-bas les madrigaux de mon vieil adorateur le Zéphyre.

Mais si la Fée aux Fleurs a des trésors d’indulgence pour le repentir, elle est armée d’une rigueur inflexible contre l’amour-propre blessé.

Pour la punir de sa vanité, la Fée aux Fleurs a condamné la rose à vivre et à mourir vieille femme. Elle ne lui pardonnera que lorsque sonnera l’heure de sa mort naturelle.

NOCTURNE

LES FLEURS DE NUIT