Il y en a qui sont belles et qui ne le savent pas; ce sont celles-là qu’il faut aimer.
Il y en a qui sont belles et qui le savent; ce sont celles-là qu’il faut fuir.
Narcissa la blonde savait qu’elle était belle, et Luigi l’aimait.
Ceux qui ont connu Luigi, fils du vieux Luigi Naldi le soldat, disent que c’était un brave compagnon, hardi à la mer, bon à ses camarades, craignant Dieu et honorant les saints; mais il aimait Narcissa la blonde.
Partout il la suivait, toujours il pensait à elle. Qui n’a pas vu Luigi pleurer en pressant sur son cœur une fleur tombée du sein de Narcissa, ne sait pas ce que l’amour peut faire d’un homme.
Oui, Luigi pleurait comme un enfant.
Lui, l’intrépide matelot dont la voix dominait la tempête, tremblait devant un mot de Narcissa.
Il avait une maison bâtie en pierre, une barque solide, des filets neufs; il offrit tout à Narcissa, qui ne possédait rien qu’un rouet et un miroir.
Un rouet toujours immobile, un miroir dans lequel elle se regardait sans cesse.
Il faut vous dire que Narcissa ne rêvait que plaisirs, robes éclatantes; pourtant elle ne dit pas non à Luigi.