On les aime pour leur éclat, pour leur parfum et aussi pour les soins qu’elles vous coûtent.
On découvre alors que toutes les richesses des riches ne sont qu’une imitation plus ou moins imparfaite des richesses des pauvres.
On voit que les diamants, qui coûtent parfois tant de honte et dont on est si fier, voudraient bien ressembler tout à fait aux gouttes de rosée du soleil levant.
On voit que les fleurs sont des pierreries vivantes et parfumées.
On voit qu’un tableau qui représente à peu près ces trois arbres et cette pelouse,—est payé cent fois la valeur de la pelouse et des trois arbres eux-mêmes.—Eh bien, on va essayer d’imiter cela en marbre ou en bois,—puis, si l’artiste arrive à réussir si bien qu’on voie tout de suite ce qu’il a voulu faire,—il faudra abattre deux kilomètres de ces vieux hêtres pour payer l’imitation qu’il a faite d’un seul.
C’est alors que l’on comprend que Dieu aime les pauvres, et que, comme les petits enfants, il les laisse s’approcher de lui.
Alors aussi, retiré, blessé des luttes de la vie,—on se rappelle tout ce que l’on a aimé, tout ce qui vous a trompé,—toutes les fleurs charmantes qui ont porté des fruits tristes et vénéneux, toutes ces promesses devenues trahisons, toutes ces espérances déçues.
Et quand on est enfermé entre les murs de son jardin,—seul avec ses fleurs aimées,—on pense qu’on n’a rien à redouter de semblable en cette dernière affection.
Jamais aux fleurs roses du pêcher ne succéderont les capsules vénéneuses du datura,—comme aux charmantes fleurs de l’amour et de l’amitié ont succédé les fruits amers de l’oubli et de la haine.
Et quand ces chères fleurs effeuillent leur corolle sous les ardentes caresses du soleil,—vous savez en quel mois et à quel jour de l’année suivante elles reviendront à la même place du jardin s’épanouir de nouveau, riantes, jeunes, belles et parfumées.